Photographie

"Photographie" sera donc le second mot sur lequel je m'étendrai. Non pas parce que je viens de le découvrir mais parce qu'autant que le procédé, il me transporte. Le sujet mérite, en effet, que l'on s'y attarde un instant et ce, d'autant plus, depuis qu'un de mes amis, lors d'un déjeuner, a lancé sur la table entre plat de résistance et café :"Qu'est-ce qui peut bien motiver le besoin qu'ont les gens de photographier tout et n'importe quoi à n'importe quel moment ?".
C'est donc à cette question que je souhaite répondre car je suis moi-même de ces "gens", ce qui me vaut que ma famille ne sache plus vraiment quelle tête j'ai si mon appareil photo n'est pas collé à mon œil...

Au plan étymologique, le mot photographie vient du grec "phôtos" (lumière) et "graphikos" (écriture).

Au plan définitionnel, la photographie est un ensemble de techniques permettant d'obtenir des images permanentes grâce à un dispositif optique produisant une image réelle sur une surface photosensible (1).

Nous voilà donc face à une représentation fixe et permanente du réel, d'un moment présent qui nous permettra dans le futur de revenir sur le passé. On appuie sur le déclencheur et présent, passé et futur s'en trouvent ainsi réunis.

Saisir l'instant présent et maîtriser un moment la fuite du temps. Un désir, presque un besoin, car le temps file sans nous, parfois presque contre nous. Il tisse nos vies bien trop vite sans que l'on puisse en saisir tous les instants, tous les éléments qui la composent. Faire perdurer ce qui ne devrait être qu'éphémère, le rendre à notre postérité : la photographie est donc un moyen d'en saisir plus et de pouvoir surtout y revenir.

Et c'est aussi figer les sourires et les moments de bonheur afin de pouvoir les invoquer plus tard, lorsqu'ils seront utiles, lorsque le ciel sera bas et lourds. Savoir qu'ils sont là permet parfois de dépasser les périodes difficiles, lorsque le quotidien nous étouffe. Car s'ils ont été, ils seront à nouveau, n'est-ce pas ? Il faut l'espérer en tout cas car le futur nous le doit…

La photographie c'est donc tout cela : profiter de l'instant, le figer pour plus tard et constituer une forme d'espoir.


(1) Laboratoire d'Analyse et de Traitement Informatique de la Langue Française - http://atilf.atilf.fr.

Commentaires

  1. Ce blog prend une allure universitaire ... Et me donne des envies de perversions ... F*ck off mother f*cker !!!

    J'ai attaqué la lecture de "Bel de nuit, Gerald Nanty" de Elisabeth Quin (celle qui fait trembler les réalisateurs)et c'est délicieux de glamour.
    Elisabeth raconte la vie de ce roi de la nuit notoire, sorte de père spirituel de D & G Guetta depuis les années 50". On y parle de littérature, de mode, de politique, d'idoles, d'homosexualité sur un ton narrativement snobe !

    Le tout se déroule pour l'essentiel à deux pas de chez moi : à Saint germain des prés et tourne autour de lieux mytiques comme le café de Flore et Chez Castel.

    Prisca, ton amour de la photographie MUST BE utilisé pour ma garden party !

    Chéribibi.

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  2. Comme je reconnais là ton esprit ergoteur qui fait en partie ton charme !
    J'aurais regretté que tu ne sois pas le chien fou de mon jeu de quilles littéraire :-p

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  3. Photographie.... c'est aussi le moyen pour nous, pauvres mortels, de se prouver que nous avons existé, qu'à ce moment de l'Histoire, nous étions là, et que nous avons laissé une trace, même si celle-ci est dérisoire.
    Ou comme dirait notre cher poète Bruno Bénabar "Et ces photos souvenirs qu'on stocke acharnés pour pas qu'on puisse nous dire qu'on a pas profité"*. La photo comme moyen de se prouver que la vie n'est pas que malheurs puisque nous ne photographions bien sur que les moments de bonheur.


    Les Epices du Souk du Caire, in Reprise des Negociations, 2005

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  4. Existence dérisoire ou dérision de l'existence ? Je m'interroge...

    Mais passons car "Ça ira mieux demain, du moins je l’espère, parce que c’est déjà ce que je me suis dit hier."*

    * Bénabar, again, Triste Compagne, in Reprise des Négociations, again.

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  5. Tout raconter est impossible. Tout figer est impossible...

    La photographie peut être à mon sens perçue comme parcellaire puisque entre deux prises certains moments peuvent également nous échapper, le temps passant.

    Certaines images qui ont pu nous porter, une bonne partie de notre vie, peuvent par la suite remplir un rôle inverse et stigmatiser un ressentiment voire une haine viscérale.

    La fonction cathartique du support papier (- je la déchire, je m'acharne ! - je vais mieux ... Je regrette ...De toute manière j'ai conservé l'épreuve - ou le fichier aujourd'hui - je pourrai y revenir quand je voudrai ...) est également intéressante.

    Pour terminer et au delà, n'attend-t-on pas d'une photographie et de la photographie qu'elles subliment notre réalité, voire qu'elles nous permettent de réinventer notre propre histoire ?

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