La pause

Ariel Kenig n'a que 23 ans et son écriture me stupéfie ! Je ne suis pas bien plus vieille mais je ne me souviens pas, à cet âge, avoir pu être en mesure de penser comme lui. Non. A 23 ans, j'étais encore sur les bancs de la fac et l'insouciance était ma principale qualité…

Toujours est-il que La pause*, son second livre, m'a profondément troublée. Il y décrit un jeune homme orphelin de mère et dont le père travaille à l'usine Renault située à un pont de distance de l'HLM qu'ils occupent, et qui décide, un matin, de s'exiler dans son appartement. Il ne souhaite plus en sortir. Et là commence la remise en question d'un avenir qui semble déjà routinier et complètement obstrué par le passé.

Dès la porte refermée, j'ai commencé à étouffer. Le rythme lymphatique et pourtant effréné de ses journées a vite rendu irrespirable mon alentour et il m'a fallu précipiter cette lecture afin de pouvoir en sortir vivante.

Le rendu de l'écriture douce et calme d'Ariel Kenig est violent et son cynisme est plus que palpable.

Mais – et c'est le deuxième effet "Kiss Cool" – cet écrit n'est finalement pas tant dénué d'expectative que cela. Car le livre achevé, je n'avais qu'envie de m'agiter et de secouer mon quotidien avant qu'il ne m'avale et que l'ankylose ne me gagne…

Bonne apnée :-)


* KENIG, Ariel. – La pause – Editions Denoël, 2006

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