Quand vin la fin…



La rue était étroite, longue, humide et obscure. Mais au bout, je savais trouver la délivrance. Qu’importe ses hauts murs, la vie se devait de passer par de telles circonstances. Tôt ce matin, j’avais enfilé mon armure et m’attendais à devoir payer cette créance : celle que je traînais depuis ma première biture. Il me l’agitait sous le nez, ma si longue quittance.

Ne croyez pas que cela fasse partie intégrante de ma nature. Non, avant cela, j’étais quelqu’un, j’avais une prestance. Mais à force de vin, lentement je pris place au fin fond de ma sépulture. Future certes, mais fort pleine de présence ; suffisamment pour m’attirer vers une issue en rupture parce que y’a que ça de vrai quand pendant des années on n’a pas regardé à la dépense.

Je croyais emmerder les habitudes, mais au final ma vie n’était qu’une imposture. Et l’échéance approchait. Bientôt tout le monde saurait, ma vérité serait jetée en pâture. J’avais érigé mes liquides appétences en une foutue préséance, ma progéniture avait foutu le camp, démissionnant face à ma déconfiture.

Je n’avais plus ni substance, ni subsistance, plus de garniture, rien qu’une inconstance. Ne restait que des conjectures. Vint alors une solution : celle du vide-ordure. Mais j’étais tellement pourri jusqu’à l’ossature qu’il m’aurait fallu balancer avec, mon existence…

Alors cette rue, là, étroite, longue, humide et obscure… Au bout peut être une récompense… La fin de cette vaine persistance…. Je m’enfonce dans sa meurtrissure, sens sa morsure… L’humidité me gagne, m’offre en éclaboussure un nettoyage, à sec peut-être, mais une saine délivrance, ça, c’est sûr.

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Sur la consigne de la semaine pour les Impromptus : débuter impérativement votre texte par  La rue était étroite, longue, humide et obscure.



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