Sourire

Doux, tendre, il est couleur pastel en plein cœur de l’été, puis devient carnassier à l’ombre de nos disputes. Perdre son sourire est la chose la plus difficile à vivre pour moi, comme si j’en perdais la boussole de ma vie. Je m’en nourris.
C’est lui qui m’a donné envie de l’approcher la première fois, de la regarder parler, de l’aimer toutes lumières allumées.
Son sourire est son plus bel habit, celui sans lequel je ne peux l’imaginer. Elle s’habille d’un rien mais sans lui elle n’est point…
Son sourire… Ce mouvement sensuel de sa bouche vers ses yeux, caressant au passage mon cœur et ma peau, hérissés.
Son sourire : enfantin, naïf, donné pour le prix que je serais prêt à l’acheter.
Un seul de ses sourires et tous mes sentiments paraissent. Je suis à nu, à découvert ; fondu, sans retenue.
Sourire, un mot si unique qu’il n’en a pas de synonyme. Comme notre amour, qui n’a pas d’homonyme…

Ce sourire devenu déchirure, béance, agressivité, malaise, mal être.
Ce sourire qu’elle ne me donne plus, mais me fait pourtant payer au prix fort.
Et à la place ? Un éclair noir, pincé, fendu de larmes et d’aigreur.

Acerbe, aride, il est couleur aile de corbeau depuis qu’il ne fait plus beau entre nous. Perdre son sourire est chose pire pour moi que de perdre ma vie. Je me dessèche.
C’est celui d’un autre qui lui à donner envie de s’éteindre pour moi dans le même temps qu’il l’étreint.
Son sourire est maintenant la pire guenille qu’elle puisse poser sur mon corps, pour me camoufler le sien. Elle est sans rien et je ne suis plus…
Son non-sourire… Ce mouvement froid de ses yeux vers ma bouche, déchirant au passage mon cœur et ma peau, labourés.
Son absence de sourire : grandissant, méchant, facturé si cher pour le prix que je l’ai aimé.
Une seule de ces absences et tous mes sentiments disparaissent. Je suis à vif, écorché ; profondément lacéré, abandonné.
Détester, un mot si unique malgré ses nombreux synonymes. Comme son désamour qui a bien trop de rimes...

Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : Un sourire.
Qu’il soit franc ou de biais, de toutes ses dents ou pincé, que vous ayez des sourires plein la bouche ou que vous souriiez du bout des yeux, qu’importe pour nous tant que vous en mettez plein votre texte et notre semaine !

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