vendredi 9 mai 2008

Foutraquerie...

(... ou la petite histoire des mots rares* finement sélectionnés, soit au hasard, en cette fin de journée.)

J'étais là, réfugier sur le pas-de-souris (1), le nez en l'air à me demander comment je pourrais bien le patafioler (2) avant qu'il ne réussisse encore à tous les abuser.

Je détestais cette patte-pelue (3) ! Ces manières étaient si bien rodées que personne ne se doutait de ce que je savais. Ce petit principule (4) était ourlé de philautie (5) et bien trop apte à la jactance (6). Il me hérissait le poil rien qu'avec sa présence. Pire qu'un docteur idémiste (7) mais que tout le monde écoutait avec attention, pourtant, parce qu'il avait la présence d'esprit de reprendre dans ce genre d'assemblée les idées entendues ailleurs alors qu'il opinait...

Avec lui dans la pièce, je me sentais comme un jobelin (8) alors même que j'étais bien plus cultivé que lui et a minima maître de mes idées. L'avoir près de moi ne me donnait qu'une envie : l'incaguer (9). Si ce n'était pour ma judicature (10), je l'aurais vraiment fait...

Il s'imaginait issu comme d'une jumenterie (11) d'êtres humains et se voulait le digne héritier, de son temps, de l'idéogénie (12). Lui qui n'aurait même pas eu l'idée de s'essuyer le nez après avoir éternué...

Je ne souhaitais qu'atteindre enfin le jusant (13) de sa diarrhée verbale... Le fait qu'il ouvre la bouche faisait de lui un pléonasme (14) de lui-même...

Compliqué à cette heure, je sais. Mais j'étais si fatiguée de l'entendre que si j'avais eu un pédiluve sous la main, j'aurais bien tenté de le noyer... Judicature ou pas !


(1) Ancien terme de fortification. Chemin de trois pieds de largeur entre le rempart et le fossé.

(2) Ancien terme populaire qui n'a guère été usité que dans cette phrase : Que le bon Dieu te patafiole, que le diable te patafiole, c'est-à-dire te confonde.

(3) Homme, femme dont la patte, la manière d'agir est douce et flatteuse et qui s'en sert pour arriver à ses fins.

(4) Prince peu puissant. Petit prince encore au berceau, ou sous la conduite d'un gouverneur.

(5) Terme didactique. Amour de soi-même, complaisance pour soi-même.

(6) Hardiesse à se vanter, à se faire valoir.

(7) On appelait docteurs idémistes ceux qui, dans les assemblées, se contentaient d'opiner du bonnet et de dire idem, sans apporter de raison.

(8) Homme niais, crédule, qui se laisse facilement tromper.

(9) Terme bas et vieilli Défier quelqu'un, le braver, en lui témoignant beaucoup de mépris.

(10) État, profession de toute personne employée à l'administration de la justice.

(11) Haras où l'on produit des étalons.

(12) Terme de philosophie. Science qui traite de l'origine des idées.

(13) Retraite ou descente de la marée, mouvement de la marée qui baisse. Flot et jusant, flux et reflux.

(14) Redondance, emploi de mots inutiles dans l'expression de la pensée.

* Petit dictionnaire des mots rares et anciens de la Langue Française

jeudi 8 mai 2008

Divers et variés

Je voulais juste rajouter un petit mot pour vous détailler et vous renvoyer sur les derniers thèmes des Impromptus développés. Puis, finalement, un souvenir m'a traversé l'esprit : à deux jours près, j'ai entrepris d'accoucher de moi-même il y a un an...

Je vais donc vous parler de tout cela. Je vais tenter en tout cas, si je n'efface pas tout à la fin de ma relecture avant publication... (Tant que je suis là, je tiens à remercier
le conjugueur et le CNRTL pour leur aide précieuse dans mon entreprise d'écriture !)

Les Impromptus donc pour commencer. Depuis le 22 avril, deux nouveaux thèmes sont passés : Après l'amour... et La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon, phrase qui devait débuter le texte à produire.
Comme d'habitude, vous retrouvez ces divagations inspirées ainsi que d'autres divagations libres sur mon second lieu d'occupation de la "blogosphère" : Nulla Dies Sine Linea.
Et sur ce premier point, je crois que c'est bien tout.

Venons-en à la célébration de mon premier anniversaire "blogosphérique"... Un bilan, quoi. Je suis comme ça, très questionnement, très constat des avancées. Juste histoire de me glorifier un peu moi-même, envie qui est, elle aussi, née d'un constat : si tu ne t'aimes pas, comment veux-tu qu'on t'aime ? (Je schématise, c'est légèrement plus profond que cela...)

Cela mis à part, débutons cette confrontation avec le moi-même du 6 mai 2007, jour de mon lancement officiel.

J'avais un
but : me "catharsiser" par l'écriture. (Ce verbe n'existe fichtrement pas. Qu'importe, je le conserve, il me va comme un gant et me fait vaguement penser à L'exorciste...)
Où en est donc ce but ? De là où je me situe, le panorama n'est pas mal. J'ai vu plus bouché comme horizon. J'ai cependant bien conscience que le chemin est encore long et qu'il faut toute une vie pour se connaître soi-même. Mais ce qui est important n'est-ce pas ce qui est devant combiné à l'envie d'y aller ... ?

Je m'étais également trouvé un
sujet : les mots et leur sens, la littérature et les émotions.
Je déclarais à cette époque
"par la présente (ma troisième personnalité, celle du boulot, ne peut pas s'empêcher, même là... pardonnez cet élan, déformation professionnelle...) pleine sujétion à la langue française et à ses usages. Sujétion que je remplirai par le commentaire des idées et émotions que suscitent en mon for intérieur certains mots, sachant que je n'ai parfois d'autre choix que de céder à une furieuse envie de déformer les mots afin d'y faire entrer mon idée..."
Sur ce point là, je me suis bien tenue ! Même si je constate qu'il y a fort longtemps que je n'ai pas pris un mot au hasard pour le triturer et en sortir mes folles idées. Ce n'est pas faute d'en avoir croisé des centaines de milliers. Mais le temps manque parfois et mes activités en lien avec les mots se sont diversifiées au point de m'obliger à "choisir" et à
ainsi "me passer du reste" ;-)

Il y avait aussi mon envie de communiquer sur les livres dévorés. Je dévore toujours mais communique moins sur ce sujet également. Sur ce moins, je vous renvois à l'excuse citée dans le paragraphe précédent. Je lis, découvre toujours autant de choses et continue bien d'adapter ma (trop grande) sensibilité. Les idées sont consignées et viennent s'étaler sur ce blog au compte goutte du temps et du temps libre qui s'écoulent bien trop vite.

Aaaahhhhhh, si je ne pouvais faire que cela (bon, bien sûr, je garderai un peu de temps pour des petites choses dont je ne saurais me passer, en lien avec mes amours et certains besoins physiologiques...).

Autre sujet, inavoué au début, mais inséré très tôt : la photographie. Un de mes moyens privilégiés de communiquer pour diffuser mes émotions. Je m'y adonne toujours avec passion,
a fortiori (sors de ce corps, esprit de Portalis !) depuis que grâce à mes proches et amis, passer la trentaine m'a permis de m'offrir un magnifique EOS 20D que je chéris et place dans le top ten des outils indispensables à ma survie. Je n'ai cependant pas encore totalement abandonné le 7xi que mon Daddy a gentiment accepté de me louer au titre d'un bail gratuit et quasi emphythéotique (quasi puisqu'il s'agit d'un bien mobilier... désolée, je ne peux que céder à ma 3ème personnalité sinon elle va me gâcher cette fin de journée ...).

Tout ça pour dire quoi ? Je ne sais plus trop en fait...

Ah, voui, voilà, je m'y retrouve. J'ai évolué vers la photo puis vers ma propre écriture et avais envisagé cette évolution (je suis trop forte des fois... :-p). Et oui, je vous avais prévenus et me réservais le droit, dès l'origine, de faire évoluer le contenu de mon journal personnel en ligne, sans contestation possible, et dans le même temps que j'évoluais moi-même.

Que retire-je de tout cela ? J'aime écrire plus que jamais et faire de la photo aussi. Je vais donc continuer dans cette voie pour mon propre plaisir
a minima (c'est fatiguant toute ces expressions latines... je signale au passage à ma Turquiche Girl, qui se reconnaîtra, que je les mets toutes en italique comme le veut la coutume :-p) et puis pour le votre éventuellement.

Il vous reste toujours la même alternative qu'il y a un an : Subir ou fuir : à vous de choisir ! :-)

Bien, maintenant que je me suis bien regardée le nombril pendant cette demi-heure, je vais m'en retourner à mon petit coin de paradis (que je vous présenterai plus tard) et à mon livre du moment :
Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland, une petite gourmandise cynique et drôle à souhait dont je vous recommande chaudement la lecture.

Bonne fin de jour férié et ensoleillé !

dimanche 30 mars 2008

La route*

C’était mon premier Cormac McCarthy et quelle découverte !

Je dirais la richesse des mots déjà. Je n’avais pas croisé autant de nouveaux mots, pour moi, depuis bien longtemps !

Je dirais la richesse de l’écrit ensuite. Un père et son fils sillonnent les Etats-Unis, d’Est en Ouest, pour rejoindre l’océan, terre d’asile dans leur tête. La terre est en déroute et il faut marcher pour avoir un but.

« Il n’y a plus de plus tard. Plus tard c’est maintenant. »

Et l’on chemine avec eux aux côtés de « coquilles sans foi de créatures marchant en titubant (…) sur une terre en délire », dans un monde où renoncer est perdre contre la vie qui n’est pourtant déjà plus.

Et l’on chemine avec eux dans leur tête au fil de leur questionnement sur la différence « entre ne sera jamais et n’a jamais été » et sur la « valeur de la moindre petite chose » qui ne peut que « dépendre d’un monde à venir ».

C’est un magnifique conte établit dans un monde qui n’est plus et une fable qui nous montre la vérité de la vie, nue. Car après tout est-il nécessaire que le monde tel que nous le connaissons ne soit presque plus pour nous rendre compte que le chemin parcouru se mesure « à la lumière » que l’on porte avec soi ?

Je dirais la richesse de l'émotion, enfin. Je l'ai trouvé bouleversant, vraiment...

* Cormac McCARTHY. – La route – Editions de l’Olivier, février 2008.

vendredi 21 mars 2008

J'ai décidé de me diversifier...

C'est au détour de mes voyages sur le Net que j'ai découvert un carnet de création collective débordant de perles littéraires. Chaque semaine, un thème imposé et chaque semaine un texte à créer !

Je me lance donc dans cette nouvelle aventure et vous en signalerai mes participations.

Le site se nomme : Les Impromptus Littéraires.
Attardez-y vous, tout y est plus qu'exquis !

Et dès que j'ai cinq minutes, je vous parle de mes dernières lectures...

samedi 15 mars 2008

Je cite...



Imaginez que vous vous donnez soudain

le droit d'être furieusement heureux*.



* JARDIN, Alexandre. - Le Zubial