La route*

C’était mon premier Cormac McCarthy et quelle découverte !

Je dirais la richesse des mots déjà. Je n’avais pas croisé autant de nouveaux mots, pour moi, depuis bien longtemps !

Je dirais la richesse de l’écrit ensuite. Un père et son fils sillonnent les Etats-Unis, d’Est en Ouest, pour rejoindre l’océan, terre d’asile dans leur tête. La terre est en déroute et il faut marcher pour avoir un but.

« Il n’y a plus de plus tard. Plus tard c’est maintenant. »

Et l’on chemine avec eux aux côtés de « coquilles sans foi de créatures marchant en titubant (…) sur une terre en délire », dans un monde où renoncer est perdre contre la vie qui n’est pourtant déjà plus.

Et l’on chemine avec eux dans leur tête au fil de leur questionnement sur la différence « entre ne sera jamais et n’a jamais été » et sur la « valeur de la moindre petite chose » qui ne peut que « dépendre d’un monde à venir ».

C’est un magnifique conte établit dans un monde qui n’est plus et une fable qui nous montre la vérité de la vie, nue. Car après tout est-il nécessaire que le monde tel que nous le connaissons ne soit presque plus pour nous rendre compte que le chemin parcouru se mesure « à la lumière » que l’on porte avec soi ?

Je dirais la richesse de l'émotion, enfin. Je l'ai trouvé bouleversant, vraiment...

* Cormac McCARTHY. – La route – Editions de l’Olivier, février 2008.

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