Relativité

Il y avait fort, fort longtemps que je ne m'étais frottée à un mot. Le thème des Impromptus de cette semaine m'en donne ainsi l'occasion. Un retour que j'aimerais durable...



***



Loin de moi l’idée de vous expliquer la relativité au sens scientifique du terme tant mon esprit n’a rien de scientifique. Je dirais même que la simple idée de se frotter à cette aire le fait se recroqueviller loin, loin, loin, là où les mots ne sauraient l’atteindre. Moi, ce que je préfère chez Einstein, c’est son humanité et son humour ! Exit donc l’aspect scientifique des choses.



Je vais donc saisir ce mot dans un autre de ses sens qu’à ma manière habituelle, je vais tenter de comprendre. Il vous faudra donc prendre mes propos qui suivront comme une réflexion à haute voix qui se voudrait simplificatrice, explicative. Interprétative, presque somme toute, puisqu’il ne s’agira alors que de ma propre réflexion.



Si l’on en regarde la définition première, la relativité non scientifique est un caractère : le caractère de ce qui est relatif. Ah bah, avec ça…



Heureusement, il y a une autre définition, plus philosophique celle-là, que fournit le dictionnaire du CNRTL, pour qui il convient d’attribuer ce caractère à la connaissance humaine, (notamment) parce qu'elle est imparfaite, limitée, (…).



Mon envie de répondre haut et fort – Hein !? – ravalée, je me suis penchée d’un peu plus près. Admirer cette définition qui livre en 1 ligne, tout et rien. Tout en même temps, ce n’est pas rien ! Prenez ces mots un à un, soulevez les, retournez-les – si c’est écrit Made in Taïwan, c’est que vous vous êtes trompés de mot – et admirez-en la quasi inanité.



Très clairement la connaissance humaine ne peut qu’être imparfaite sauf à considérer qu’elle se compose de l’addition des connaissances de chacun. Et encore ! Une fois le résultat obtenu, comment être sûr que rien n’ait échappé à l’un d’entre nous. Ainsi, quelle que soit la définition que nous retiendrons de la connaissance humaine, celle-ci ne pourra rester qu’imparfaite ne serait-ce que parce que seul ou tous ensemble nous sommes bien incapables de savoir si nous savons tout…



Bon okay, ça, c’est fait. Et alors ?



Attendez, ce n’est pas tout ! La connaissance varie, ensuite, en fonction de la relation même qui est établie. Pfiou, la vache, ce morceau-là, il ne m’aide pas…



Mot à mot, j’ai dit. Décortiquons donc.



. Elle varie, déjà. Certes, sinon elle ne saurait être relative.

. Elle varie en fonction de, ensuite. Certes, sinon elle ne saurait varier, puisque varier signifie être modifier. Et si elle ne varie pas, elle n’est pas relative.

. Elle varie en fonction d’une relation, enfin. Et bé oui, puisque qu’elle varie en fonction de et que l’on souhaite qu’elle varie en fonction de pour être relative, il faut bien que l’objet de la variation soit une relation… (Pok ! fait mon cerveau qui se transforme en pop-corn…)



En bref, il est nécessaire de partir du postulat que notre connaissance ne pourra être que relative, qu’elle soit statique ou en mouvement. Car au moment même où l’on croira avoir atteint la connaissance parfaite, l’instant d’après sera apportant avec lui un nouveau doute, une nouvelle question, un nouvel interlocuteur, et alors la connaissance aura varié de parfaite à imparfaite, de là où elle n’aurait jamais dû bouger. C’est en cela, finalement, que l’on ne peut que convenir que tout est relatif et qu’ainsi rien n’est absolu. Rien n’étant vrai en soi, rien ne saurait être affirmé de façon absolue.



Et ça, moi, ça me va. Je peux vous l’affirmer. Parce que ça m’ennuierait de tout savoir et d’être ainsi parfaite en quelque chose.



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