Vacances

Comme beaucoup, à cette époque de l’année, j’ai pris des vacances. Et dans ce cas, je pars sans rien qui me relie ni à mon travail (le plus souvent…), ni au monde moderne (mon téléphone portable mis à part : lui et moi sommes inséparables… Si, si, je vous jure, sans moi il pleure puis s’éteint à petit feu tel un pauvre Tamagoshi lâchement abandonné au profit d’un Nintendogs Teckel à poil dur… ).

Digression inutile mise à part, j’ai pris des vacances donc et me suis employée à répondre autant que faire se peut à la définition de ce terme. En effet, étymologiquement « vacances » vient du latin « vacare » qui signifie « être vide ». D’où une jolie définition qui nous apprend que les vacances confine à l’état de ce qui est vacant, vide, inoccupé ; vide de tout et donc d’intellect. L’intellect étant la faculté de connaître et de comprendre, les vacances sont donc une manière d’être ou plutôt une manière de ne pas être ou de n‘être pas, c’est selon…

Si on pousse encore plus loin : un des synonymes de vacances est vacuité qui signifie littéralement : absence de pensées, d'idées, de contenu, de consistance.

Tout un programme donc auquel je n’ai pas su totalement me soumettre ! Car si j’ai bien réussi à faire le vide des petites contrariétés que charrie la vie professionnelle à longueur d’année, je n’ai pas su me rendre vide de toutes pensées et de toute consistance. A moi, somme toute, le luxe des plages de cailloux de l’Allier, langoureusement échouée sur ma serviette, sous un saule pleureur qui dans la lumière du soleil ressemblait à un palmier, sur laquelle je me suis adonnée à la lecture attentive de Public, Voici et de People or not People** de Lauren WEISBERGER.

Le contraste est saisissant, et je puis pourtant affirmée que je ne m’étais pas sentie aussi bien depuis des mois.

Je redéfinirai dès lors les vacances à ma sauce : se vider de la vie professionnelle et de ses soucis, qui finalement n’en sont peut être pas, et se remplir d’autres considérations, parfois futiles, plus aptes à nous aider à prendre du recul par rapport à tout cela. Se sentir revivre. Sentir les ailes de la créativité reprendre leur développement là où on les aurait cru définitivement atrophiées, et ce même si cela ne tend qu’à nous permettre de réaliser le plus joli entassement de cailloux de la création – la nôtre, certes - ne symbolisant rien de plus que notre désir d’être à nouveau enfant.

Aaaahhhh…. Les vacances….

J’aurais quand même tenté de retenir le contenu et la consistance de moi-même en achevant la lecture des livres suivants :
- Les mots*** de SARTRE,
- Une gourmandise**** de Muriel BARBERY,
- Les chevaliers du subjonctif***** d’Erik ORSENNA (suite de La Grammaire est une chanson douce),
- L’alchimiste******* de Paolo COELHO.

J’ai également commencé Esquisse d’une théorie des émotions*** de SARTRE (encore) que j’ai rangé jusqu’à une prochaine retraite dans un monastère (le silence, rien que le silence, me sera nécessaire pour achever ce petit essai) et La nausée*** de… SARTRE (toujours… ma monomanie 2007…) que je ne désespère pas de finir.

J’ai donc plein de choses à dire sur tout cela. Reste à trouver le temps pour tout ordonner !

A tous donc, je souhaite, une fort bonne vacuité aussi douce que fut la mienne !

* Les définitions sont issues du site Internet du Centre nationale de Ressources textuelles et lexicales (http://www.cnrtl.fr/)
** WEISBERGER, Lauren. – People or not People – Pocket, 2007.
*** SARTRE, Jean-Paul. – Les mots / Esquisse d’une théorie des émotions / La nausée – Editions Gallimard, 1972 / Editions Gallimard, 1972 / Editions Hermann, 2005.
**** BARBERY, Muriel. – Une gourmandise - Editions Gallimard, 2002.
***** ORSENNA, Erik – Les chevaliers du subjonctif - - Editions Stock, 2006.
******* COELHO, Paolo. - L’alchimiste – Editions J’ai Lu, 2007.

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