mercredi 15 mars 2017

Provoquer le destin



provoquer le destin
secouer les lendemains

se mettre la tête à l'envers
pour casser les reins aux travers

tuer le cri des galères
tordre le cou aux misères

déposer les larmes
et oublier tout ce vacarme

saisir toutes les mains
choisir un chemin

provoquer le destin
écouter son instinct

secouer les lendemains
pour les retrouver sereins

et exiger qu'enfin cesse
cette vie quotidienne qui m'agresse
retrouver l'allégresse
et l'aisance de mes gestes tout en délicatesse...


jeudi 30 juillet 2015

Deux ans déjà

Écrit il y a deux ans. Déjà... Retrouvé dans un carnet enfoui au fond d'un carton. Parce qu'il en reste même après deux ans. Hé bah ouais.

Je me retourne et jette un dernier regard.

8 ans finalement. 8 ans dans son antre, protéger par ses murs, couverts par son toit. Elle nous aura aimés autant qu'on l'a aimée. 8 ans passés dans ses 5 pièces, des litres de peinture, des kilos de carrelages, des paquets de parquet, des fenêtres et des meubles.

Notre premier achat, nos premières fins de mois difficiles, nos premiers émois de jeunes parents, nos nuits sans sommeil pour un biberon ou une engueulade, du bonheur et des batailles à coup de mots pour en avoir le dernier.

Je me retourne et jette un dernier regard sur cet amas de souvenirs, de rires, de larmes, de désespoirs certains soirs, d'expériences nouvelles, d'espoirs en l'avenir, de découvertes parfois fort désagréables. Et des envies. Beaucoup d'envies... de chocolat, d'enfant, d'autre chose, d'avoir un patron moins con...

Beaucoup de matériel, des chats, de la vaisselle, de la tristesse, des silences et des éclats de voix. Et des larmes aussi. Encore... Parce que je suis comme ça. Suffisamment pour alimenter une rivière. Voire deux. Si ce n'est, une mère.

Des prises de conscience. Parfois douloureuses, souvent salutaires. De la nostalgie, du ressenti, une main tendue et puis une vie. Le plus beau de nous.

Des anniversaires, de la famille qui s'entasse dans la joie, des voisins en or, la poussière qui s'amasse, et la douceur d'une caresse.

Une bobine qui s'évide contre un cœur qui s'emplit. Des erreurs, des remords mais peu de regrets. Des décisions pas toujours bonnes. Des conséquences pour ma pomme...

Je me retourne et jette un dernier regard. Le silence se fait et j'entends le murmure de nos vies durant ces 8 années qui nous ont tant grandis.

Mes cartons sont faits mais mes pièces paraissent encore pleines de tout ce que je ne peux emporter avec moi. De ce que je dois laisser là. De tout ce qui ne rentre pas, ni dans le camion, ni dans mes poches. Reste une partie de moi qui sera étiquetée "Moissy", que je referme doucement, surveillant que rien ne pourra s'échapper.

mercredi 17 décembre 2014

Incertitude, ma croix

Beaucoup d'incertitudes et une lourde hésitation. Beaucoup d'embarras liés à tant de tâtonnements. Une lourde indétermination. Ce vague sentiment, prégnant, empreint de confusion. Et puis des doutes... Oh oui ! des paquets de doutes. Treize à la douzaine. Deux pour le prix d'un. Des doutes par milliers plein ma hotte. De quoi en faire une collection. De celle qui prend la poussière dans les coins et qui vous pourrit la déco pour des décennies. De quoi en faire un collier du genre sautoir qui court lourdement jusqu'au nombril de mon monde. Cet état, indéfini, me plonge dans une telle perplexité... Plus profonde qu'un abyme sans fond. Je me sens comme crucifiée, anéantie par la souffrance que fait naître en moi ce trouble. C'est une torture que cette vacillation constante de l'âme, cette irrésolution de la chair, ce flottement mou et presque sans vie d'un esprit flou d'imprécision, fou d'oscillation. Errant. Encore lui... Toute cette instabilité qui génère tant d'obscurité. Tant de versatilité qui n'engendre que de la précarité. Et je vacille dans mon tourment. Je m'ancre dans ce désarroi. Je croix... je crois à l'impossible choix, à l'irrésolution de mon moi.

Je crois... donc je décide.

Ce n'était donc que ça ?

vendredi 14 novembre 2014

Un voyage inattendu

 

Là,
Dans l’aisance de mes pas,
Mes pieds pris dans l’horizon
Et dans le béton.


Lent,
Le paysage défile comme le vent
Dans mes oreilles, le bruit du temps
Et du silence.


Lourd,
Mon corps affirme sa préférence,
La ligne blanche fixe son attirance
Et mes mouvements.


Loin,
Mes buts ont l’odeur de l’errance,
D’une course abrupte contre l’absence,
Du superflu.


Projetée en avant, je fuis
Quelque chose d’indéfini.
Ou bien peut-être rien.

Poussée vers l’allant, je fuis
La peur d’une fin.
Ou bien celle de l’aurore.


Mon errance a l’odeur de mes buts,
Et de la pesante existence
de mes désespérances.

Cocktail bétonnant.

 ***

Publié la semaine dernière sur le thème de la semaine des Impromptus : Dans un musée, une exposition, voire même en regardant une reproduction dans un magazine, vous êtes fasciné par un tableau, une photo, une affiche ... Vous ne pouvez plus en détacher votre regard. C'est alors que tout bascule brusquement : vous êtes projeté à l'intérieur même de l’œuvre ... Racontez-nous vos émotions et le déroulement de cette incroyable odyssée.

Déclaration

En cette journée pluvieuse, froide et cafardeuse,
j’ose saisir ma plume pour dire combien, je l’aime.
Cette passion, je l’assume, même si elle me laisse songeuse.
Car, je sais que sans lui, ma vie ne serait pas la même.

Si vous saviez…

Il est si doux, si chaud, toujours si enveloppant
Le jour, la nuit, l’instant, quel que soit le moment
Il sait rendre tout beau, si bon, si tendrement
Que blottie en son sein, je me dis : cessons tous nos mouvements

M’y plonger sans retenue
Fermer les yeux doucement
Humer son parfum frais
Et caresser ses formes

C’est même encore mieux nue
Me dis-je, m’abandonnant
Dans son sein si douillet
Et son cœur tant énorme

Violent contentement
Contact saisissant
Nos corps généreux
S’épousent harmonieusement

En moi, le plaisir monte
Alors je crie, je clame,
et ceci, bien, sans honte
Je lui déclare ma flamme

« C’est clair, c’est sûr, c’est lui !
C’est dingue ce que j’aime mon lit ! »


Sur le thème de la semaine des Impromptus : une histoire d'amour.