jeudi 8 juillet 2010

Dis… à quoi tu penses ?

Serais-je toujours moi après ou mon moi-maman sera autre ? Différent ? A côté ?

Tu dors ?

C’est ton pied ou une de mes côtes ?

Va-t-on de A à Z juste pour s’occuper ? Remplir nos vies ?

La postérité nécessite t’elle une quelconque couverture médiatique ?

Quand est-ce qu’on dort ?

Est-ce toi ma postérité, petit bout d’éternité ?

A qui sont ces pieds dans mes chaussures ?

Oublierais-je, à ton arrivée, ma mortalité ?

C’est quoi cette nouvelle culpabilité ?

Te reconnaitrais-je, toi  que je porte en moi, lorsque tu seras sorti ?

M’aimeras-tu, toi, que j’aime déjà ?

Regardez une femme enceinte : vous croyez qu'elle traverse la rue ou qu'elle travaille ou même qu'elle vous parle. C'est faux. Elle pense à son bébé. (Anna Gavalda – Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part).

La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique

Derrière ce titre engageant se cache le dernier roman de... Martin Page ! :)


A nouveau une lecture au bonheur des mots au sein de laquelle Martin Page nous démontre qu' "il faut que quelque chose se brise, un coeur, un mur, un crâne, pour qu'une histoire commence". Et quelle histoire !


A nouveau cette manie adorable de décortiquer le quotidien pour le décrire tout simplement et le rendre beau.


"je pense à ce mot "spécialités" qui rappelle les spécialités culinaires ; c'est ainsi, les médecins nous cuisinent, nous découpent, nous assaisonnent d'épices"


A nouveau un beau conte somme toute bien ancré dans le réel et dans un "quotidien sans éclat".


"Je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal ; un monde où l'on me réclame de me battre ; un monde où il est toujours question d'anéantissement ou de victoire."(*)


(*) Frantz Fanon


PAGE Martin. - La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique. Editions de l'Olivier, janvier 2010.

dimanche 4 juillet 2010

Quitter le monde

Quitter le monde tient les promesses d’un bon Kennedy. Drame, émotions et philosophie de vie. Tout y est. Bon, il ne détrône cependant pas A la poursuite du bonheur. Faut pas déconner quand même ! :)


***


Un thème s'inscrit en filigrane de toute l’histoire du livre. Celui de l’incertitude. L'incertitude selon  Werner Heisenberg ou l’indétermination de tout fragment de vie dont on ne peut connaître dans le même temps la position et la vitesse.


« Cette idée que le destin n’est rien de plus qu’un déplacement arbitraire de particules qui nous entraînent vers des destinations que nous n’aurions jamais imaginées (…). » Cette « incertitude [qui] gouverne chaque moment de l’existence humaine ».


Ou l'incertitude selon Einstein, impossible puisque chaque particule en mouvement a une destination logique et dévastatrice, linéaire, dans un « enchaînement qui se veut logique ».


***


On y trouve aussi de belles images canadiennes. De la musique classique fort bien contée. De la littérature décrite de telle façon qu’elle donne envie de reprendre des études. Tout un monde bien ficelé.


***


Et une structure se fait jour. Une structure de construction de ses livres, car Kennedy construit ses livres quasiment tous de la même façon. A l’image de la vie, chaotique, qui monte et qui descend et essore méthodiquement l’être humain, comme une immense machine à laver.


***


Un tout dont on s’extrait avec mal tant on finit par s’y sentir en famille.

***


Mais le plus renversant, sans nul doute, survient une fois que vous avez été libérée du bébé et le bébé de vous, lorsque l’on vous tend la minuscule créature ratatinée et que vous la prenez dans vos bras pour la première fois. Cette vague d’amour incroyable qui vous emporte, et ce moment d’angoisse indescriptible. L’amour est immense, certes, parce que c’est votre enfant, tout simplement, mais la peur ne l’est pas moins. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas être capable de donner assez de bonheur à cet être à peine né. Peur de décevoir. Peur de se tromper.


Et puis votre fille se met à pleurer, et vous la serrez contre vous et à l’exaltation et à l’épuisement d’avoir accouché, d’entrer sur ce territoire inconnu et fascinant de la maternité, se mêle une nouvelle sensation qui s’installe fermement en vous, ce serment silencieux qu’une mère fait en baissant les yeux sur son bébé :


« J’essaierai de faire de mon mieux pour toi, toujours. »


KENNEDY Douglas. - Quitter le monde. Poche, 2010. 

Nocturnes

Une première lecture de cet auteur dont l'écriture et les idées ne laissent pas indifférent. Malheureusement rien d'impérissable. Je l'ai lu tout en ayant l'impression de manquer de quelque chose : une sensibilité particulière à la musique qui sous-tend chacune de ces nouvelles, une clef qui m'aurait permis de pénétrer le monde des personnages et de l'auteur, une page invisible au coeur de mes yeux. Ou que sais-je encore.

Je n'ai donc pas été transportée.

Dans la foulée, j'ai quand même voulu tenté l'expérience de Auprès de moi toujours dont on m'avait vanté les mérites. Sauf que j'ai abandonné au bout de quelques pages, pas du tout attirée par l'histoire, les personnages et leur vie telle qu'annoncée. Comme en marge à nouveau. Désagréable sensation que celle-ci : cette impression d'être au bord de la route et que l'histoire défile sans moi.

J'ai préféré le rendre à la bibliothécaire. Loin des yeux, loin du coeur de l'insatisfaction (je n'ai jamais aimé abandonner un livre même si je ne m'obstine plus et surtout quand on me l'a chaudement recommandé).

Bah, ce n'est pas grave, hein, j'me suis largement rattrapée ensuite comme vous allez pouvoir le constater tout de suite. :)

ISHIGURO Kazuo - Nocturnes. Cinq nouvelles de musique au crépuscule

Je suis un tremblement de terre

Une jolie fable à la Martin Page qui met en scène un jeune garçon atteint d'une "drôle" de maladie : il est un tremblement de terre.  Le diagnostic établi se pose alors la question : et s'il n'est pas possible d'en guérir, comment pourrais-je vivre avec cette différence ?


Aaaaaahhhhhh Martin (je peux vous appeler Martin ?), vous avez l'art et la manière de nous transporter avec ces petits contes. J'ai bien hâte de pouvoir initier mon oisillon au bonheur que constitue votre plume ! 


J'anticipe. Et alors ? :)


PAGE, Martin. Je suis un tremblement de terre. Neuf de l'école des loisirs.